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Espace : Route des livres  -  Hier & Maintenant

Choix d'un titre : Cliquez sur une image pour lire le compte rendu.

Pas ici de critiques au sens stricte du terme mais mais tout simplement la présentation d'ouvrages ou d'auteurs que j'aimés.

La stratégie du choc

Le triomphe de la cupidité

Fractures françaises

La France périphérique

Manuel de l'antitourisme

La grande transformation

Le temps des tribus

Le bio

Le choc des civilisations

Le choix du chomage

Ce que nous devons aux Indiens

1000 ans de J.O.

Le divan d'Istanbul

Donde estan ?

Le génocide voilé

Les veines ouvertes...

Histoire de l'Amérique française

Le sentier lumineux

Marx o Marx

La pensée égarée

Pourquoi serions-nous encore prêts à mourir ?

La violence et le sacré

L'Amazonie

 

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Ce que nous devons aux Indiens d'Amérique

Titre original : "Indians givers" publié en 1988.

Auteur : Jack Weatherford

Tout d'abord, il faut noter que l'auteur utilise le mot Amérique par référence à l'ensemble du continent et non pas aux seuls Etat-Unis d'Amérique.

Tony Hillerman, père du "polar" Navajo et créateur du roman policier ethnologique écrit à son sujet : "Rien n'est plus vrai que ce que dit Weatherford : nous avons délibérément ignoré et sous-estimé la contribution des Indiens d'Amérique au monde dans lequel nous vivons, et nous n'autorisons les cultures indiennes qu'à une mort lente sans vouloir comprendre qu'elles ont tant de choses à nous enseigner. Avec ce livre Jack Weatherford nous donne un avertissement que nous ne devrions pas ignorer."

tiwanaku01

Tiwanaku -Bolivie

Le texte de présentation résume parfaitement le contenu de l'ouvrage : "En 1492 Christophe Colomb pensait apporter la Civilisation au Nouveau Monde ; cinq siècles plus tard, il est temps de reconnaître à quel point le Nouveau Monde a influencé notre civilisation. Jack Weatherford, professeur d'anthropologie, nous invite dans ce livre étonnant à faire l'état de l'inestimable contribution des peuples amérindiens à notre histoire collective : de nos habitudes alimentaires (60% des aliments consommés aujourd'hui viennent des Amériques) à nos techniques agricoles, de nos connaissances médicales (dont la quinine et l'aspirine) à nos modes de gouvernement, de notre développement économique (grâce aux masses d'or et d'argent des Aztèques et des Incas) à nos systèmes de pensée (les sociétés indiennes ayant inspiré Montesquieu, Rousseau ou Marx). Cinq siècles après Christophe Colomb, l'Amérique est encore à découvrir..."

MarchGuamoteDéveloppement économique, progrès industriels, révolution alimentaire, découvertes médicales, contributions aux idées et aux institutions politiques, ce livre rescence et donne du sens à tout ce que les sociétés indiennes nous enseignèrent et nous apportèrent quelques fois involontairement. Il ne s'agit pas là de faire de ces sociétés des exemples de vertu. Les civilsations Incas et Aztèques ou de la partie nord du continent n'étaient surement pas le paradis sur terre. Mais y-a-t-il une civilisation passée ou actuelle qui puisse y prétendre? 

Alors comme l'écrit l'auteur : "Les sociétés indiennes, (...) se désintégrèrent et furent marginalisées. Les Indiens devinrent des mendiants sur la scène mondiale, implorant de la nourriture, la restitution de leurs terres et le respect des traités, et demandant qu'on les écoute. Toutefois en igorant les cultures indiennes, nous faisons beaucoup plus que dénigrer la place à laquelle elles ont droit dans l'Histoire. Nous nous faisons tort à nous-mêmes à cause de tout ce que nous avons perdu."

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Les veines ouvertes de l'Amérique latineVeinesOuvertes01

Auteur : Eduardo Galeano

Edition : "Terre humaine" Presse Pocket -  Première édition 1971

L'auteur est né en 1940 à Montévidéo (Uruguay) et décédé le 13 avril 2015. De son métier journaliste, il est obligé de s'exilé en 1973 peu après la parution de l'ouvrage, a la suite du coup d'état en Uruguay qui aboutit à l'instauration d'une dictature militaire (1973-1984) (voir aussi le lien Pepe Mujica). Il vécut à Barcelonne avant de retourner dans son pays après le retour de la démocratie.

Résumé : 4° de couverture

"Voici l'histoire implacable du pillage d'un continent qui fait prendre tragiquement conscience d'une humiliation concertée. Nous suivons, siècle après siècle, et dans le moindre détail, le mécanisme qui a conduit à une dépossession ruinant les nations d'un des espaces les plus prometteurs de l'univers. 

EduardoGaleano1Après l'âpreté des découvreurs débarqués des caravelles, la cruauté épique des conquistadors puis celle, sauvage, mercantile, des négriers, voici venus en jet les technocrates d'aujourd'hui, la caste anonyme et glacée des banquiers, des « experts internationaux » du développement, qui s'attaquent à la fabuleuse richesse du sous-sol de l'Amérique latine et, pour mieux dominer les peuples, n'hésitent pas à subventionner de sanglants dictateurs à leur solde. 

Cet ouvrage essentiel sur l'exploitation de l'homme par l'homme est à l'échelle d'un continent. Classique aujourd'hui, ce livre est lu et commenté dans les grandes universités nord-américaines; il dénonce le talon d'Achille des Etats-Unis : un univers où règnent la faim, l'angoisse et les pires inégalités sociales. 

Les responsables? Qui? Qui donc ? 
L'Espagne et le Portugal, l'Angleterre et, de nos jours, les Etats-Unis. Les Etats-Unis, avocat des Droits de l'homme. « Lincoln, réveille-toi. Vois cette imposture que Washington, en ton nom, encourage, sous couvert de grandes banques, hors de ses frontières. » On ne s'étonnera pas que les multinationales, monstres hybrides des temps modernes, opèrent avec cohésion en cet ensemble d'îles solitaires qu'est l'Amérique latine. Chaque pays plie sous le poids conjugué de ses divisions sociales, de ses armées, de ses polices qui l'enfoncent dans une plus profonde misère. 

Des forces nouvelles se lèvent. Phénomène de grande conséquence, l'Eglise, longtemps oppressive, reprend la tradition évangélique des premiers âges et devient porteuse d'espérance : elle est résolument aux côtés des pauvres et des persécutés." 






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FracturesFrancaisesFrancePerif01Fractures françaises - La France périphérique

Auteur : Christophe

Deux ouvrages disponibles dans la collection "Champs" de chez Flammarion et parus pour le premier en 2010 et pour le second en 2014.

Dans "Fractures françaises", Christophe Guilluy relève le décalage du discours des élites politiques, médiatiques et culturels et la réalité que perçoivent et vivent les populations, identifiant de ce fait la fracture entre le peuple et ses représentants et plus généralement ceux qui font l'opinion. Le discours dominant présente le pays divisé entre exclus et "petits bougeois", opposant les ghettos ethnicisés à la France moyennne. L'auteur nous montre une situation des couches populaires très différente des représentations caricaturales habituelles en mettant l'accent sur une division entre les grandes métroploles gagnantes de la mondialisation et les territoires péri-urbains (la ruralité et les villes petites ou moyennes) laissés à l'abandon. Un livre qui aide à comprendre la montée de ce que certains nomment, non sans mépris, le "populisme".

Dans "La France périphérique", l'auteur dresse le constat suivant : "Désormais, deux France s'ignorent et se font face : la France des métropoles, brillante vitrine de la mondialisation heureuse, où cohabitent cadres et immigrés, et la France périphérique des petites et moyennes villes, des zones rurales éloignées des bassins d'emplois les plus dynamiques. De cette dernière, qui concentre 60 % de la population française, personne ne parle jamais. Comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi a-t-on sacrifié les classes populaires sur l'autel d'une mondialisation volontiers communautariste et inégalitaire, aux antipodes des valeurs dont se réclame la classe politique ? Comment cette France populaire peut-elle changer la donne, et regagner la place qui est la sienne - la première ? Dans cet essai retentissant, Christophe Guilluy dresse un diagnostic sans complaisance de notre pays, et esquisse les contours d'une contre-société à venir." 

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CupiditLe triomphe de la cupidité

Auteur : Joseph E. Stiglitz

Edité en 2010

Un livre sur la crise économique et financière de 2008

"La seule surprise de la crise économique de 2008, c'est qu'elle ait tant surpris". C'est ainsi que commence le premier chapitre du livre de Joseph E. Stiglitz.

Quelques lignes plus loin, il poursuit : "Les Etats-Unis avaient une bulle de l'immobilier.(...) Le pays le plus riche du monde vivait au-dessus de ses moyens, et c'était la base du dynamisme de l'économie, aux Etauts-Unis et dans le monde entier. L'économie mondiale avait besoin pour sa croissance que la consommation de ce pays ne cesse d'augmenter ; mais comment cela se pouvait-il, alors que les revenus d'un grand nombre de ses habitants stagnaient depuis si longtemps ?"

Il faut noter au passage que de 2000 à 2008 le revenu médian réel, c'est à dire compte tenu de l'inflation, a diminué de près de 4%.

"Les Américains ont trouvé une solution ingénieuse : emprunter, et consommer comme si leurs revenus augmentaient. (...) Autrement dit, ils se sont endettés jusqu'au cou. Tout le monde était content de ce qui se passait, les emprunteurs comme les prêteurs : les premiers pouvaient continuer à consommer avec faste, sans avoir à affronter la réalité de leurs revenus stationnaires ou en baisse ; les seconds engrengeaient des profits record, grâce à leurs commissions toujours plus élevées."

Voilà comment à pris naissance la crise de 2008.

Le point de vue des éditeurs : "La crise mondiale, Joseph E Stiglitz, Prix Nobel d'économie, l'avait annoncée. Le marché roi, l'obsession du court terme, les déréglementations, la libre circulation des capitaux en sont les principaux responsables. Mais il est temps désormais d'étudier les causes fondamentales du désastre : d'après Joseph E Stiglitz, la crise n'est en effet pas exclusivement financière, et ses répercussions économiques ne peuvent dissimuler qu'il s'agit en vérité de la faillite d'un système conjuguée à une crise morale. 

Il démontre que les mesures actuellement prises aux Etats-Unis ou en Europe ne sont pas à la hauteur de l'enjeu et contribueront, pour nombre d'entre elles, à relancer un système qui a échoué et qui ira de crise en crise. Il est donc urgent de repenser le monde, de réformer une science économique qui s'est fourvoyée, entraînant dans son sillage l'accroissement des inégalités, la montée de la pauvreté ou l'aggravation de la crise environnementale. 
Un livre qui résonne comme un appel à remettre à plat les fondements mêmes de l'économie mondiale.





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StratgieChocLa stratégie du choc

Auteur : Naomi Klein

Edité en 2008

Le point de vue des éditeurs : "Qu’y a-t-il de commun entre le coup d’Etat de Pinochet au Chili en 1973, le massacre de la place Tiananmen en 1989, l’effondrement de l’Union soviétique, le naufrage de l’épopée Solidarnosc en Pologne, les difficultés rencontrées par Mandela dans l’Afrique du Sud post-apartheid, les attentats du 11 septembre, la guerre en Irak, le tsunami qui dévasta les côtes du Sri Lanka en 2004, le cyclone Katrina, l’année suivante, la pratique de la torture partout et en tous lieux – Abou Ghraïb ou Guantánamo – aujourd’hui ? 
Tous ces moments de notre histoire récente, répond Naomi Klein, ont partie liée avec l’avènement d’un “capitalisme du désastre”.
Approfondissant la réflexion militante entamée avec son bestseller No Logo, Naomi Klein dénonce, dans La stratégie du choc, l’existence d’opérations concertées dans le but d’assurer la prise de contrôle de la planète par les tenants d’un ultralibéralisme tout puissant. Ce dernier met sciemment à contribution crises et désastres pour substituer aux valeurs démocratiques, auxquelles les sociétés aspirent, la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation.
Remarquablement conduite et documentée, cette histoire secrète du libre marché, qui dessine une nouvelle éthique de l’investigation journalistique, s’affirme comme une lecture indispensable pour réévaluer les enjeux des temps présent et à venir, vis-à-vis desquels les citoyens du monde portent, ensemble, une responsabilité impossible à déléguer.
Journaliste, essayiste et réalisatrice, diplômée de la prestigieuse London School of Economics, Naomi Klein est l’auteur du best-seller international No Logo, traduit dans vingt-huit langues et devenu une référence incontournable dans le monde entier. Elle contribue régulièrement à la rubrique internationale de The Nation et The Guardian, et s’est rendue en Irak pour le magazine Harper’s. En 2004, elle a réalisé un film documentaire, The Take, sur l’occupation des usines en Argentine, qu’elle a coproduit avec le réalisateur Avi Lewis."

L'intéret de l'ouvrage réside dans les faits qu'il nous livre et la relation qu'il établit entre eux. Son mérite est qu'après l'avoir lu, on a envie d'en savoir plus. Par contre, on a l'impression que l'auteur verse parfois dans "la théorie du complot". Si les puissants de ce monde profite aisément et sans scrupules du malheur des autres, faut-il pour autant y voir la main d'un complot mondial pensé et organisé. Pour notre part nous ne le pensons pas. C'est plutôt "l'occasion qui fait le laron".

Un documntaire ( Production de "Révolution Films Production") a été tiré du livre de Naomi Klein. Il est disponible sur la chaine "You Tube". En cliquant sur la vignette du livre ci-dessus du livre vous pouvez y accèder.





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Marx, ô Marx, pourquoi m'as tu abandonné?MarxoMarx01

Auteur : Bernard Maris

Edité en 2010 - Disponible chez Flammarion "Champs actuel"

 "" Avoir le courage d'aimer la vie, et regarder la mort en face", disait le socialiste Jean Jaurès. Mais ni la mort ni le soleil ne peuvent se regarder en face". C'est ainsi que Bernard Maris termine son livre.

La première page nous rappelle que Karl Marx avait imaginé en 1844 un ouvrage en six chapitres intitulé "Economie". "Le Capital" n'en était que le premier. De ce chapitre seule la première partie fut publiée de son vivant. Les deux autres ne le seront qu'après sa mort à l'initiative de Engels à partir de ses brouillons.

Bernard Maris nous fait la démonstration que Marx avait décrit de façon limpide le fonctionnement de l'économie et du capitalisme. De ce point de vue, ses analyses nous servent encore aujourd'hui à comprendre les crises économiques. Mais c'est ensuite que Marx "nous abandonne". En effet, il pensait que de l'évolution du système économique et de l'exploitation que subissaient les plus démunis, les prolétaires, allait naturellement naitre une classe qui libérerait l'humanité de l'aliénation. La classe ouvrière en prenant le pouvoir sauverait l'humanité et construirai un société fraternelle où toute forme d'exploitation aurait été bannie. 

Maris nous explique que ce n'est pas ce qui s'est passé. L'exploitation ne produit que de l'asservissement, du cynisme et un monde désabusé. Marx pensait que le développement des forces productives en abolisant la rareté amenerait une société meilleure en construisant un monde d'abondance. Pour Maris ce n'est pas ce qui est advenu. Non seulement et malgré l'accès à la consommation d'une partie de plus en plus grand de la population, le nombre de pauvres augmente de manière relative mais le rêve d'une société d'abondance s'éloigne au fur et à mesure que l'on découvre l'ampleur du problème écologique. Maris souligne : "Marx pensait que l'amour d'autrui naîtrait de lui-même dans un monde débarassé de la nécéssité". Mais la solution ne peut venir d'une croissance sans fin.

Et l'évolution des forces productives, tel que Marx les décrivait n'a pas abouti au grand soir des prolétaires. En quelque sorte la démocratie devait vaincre le capitalisme. Mais au contraire, le capitalisme s'accorde très bien des dictatures. Et Maris poursuit  : "Le capital a toujours aimé les dictatures". (La chine communiste actuelle est en le plus belle exemple). "Il les a favorisées et s'en est toujours nourri. La démocratie est comme les Trente glorieuses, une anomalie de l'Histoire qui devrait disparaitre aussi rapidement qu'ellle est advenue".

Le libéralisme et les marchés n'aiment pas le hasard. En conclusion, Bernard Maris écrit : "Marx pensait que le hasard serait aboli dans la société communiste. Le concept de marché financier efficient repose aussi sur la disparition du risque (...). "L'abolition du hasard n'est autre que celle du destin, dont l'autre nom est la mort, la main de Dieu si l'on préfère" (...). "Le socialisme est mort, car il ne sait pas parler de la mort (...). "La mort s'exprime dans la dictature des marchés. Le désir infini d'argent n'est que la pulsion de mort du capitalisme, on le sait depuis Keynes et Freud".

jesuischarlie2Cest toujours un plaisir de lire ou relire les propos décapants et non conventionnels sur le monde et l'économie de Bernard Maris. C'est aussi un plaisir de l'entendre en parler :

Les matins de France Culture - 27 septembe 2010

La recherche de la croissance infinie (AlterEco+)

 

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¿Donde estan?DondeEstan01

Terreur et disparitions au Pérou (1980-2000)

Auteur : Daniel Dupuis 

Edité en 2009

Cet ouvrage est une enquête sur des "évènements" s'étant déroulés non pas sous une dictature mais dans un pays où fonctionnait des institutions démocratiques, non pas sous le pouvoir sans partage d'un homme mais durant les mandats de trois présidents élus. L'auteur s'appuie sur des témoignages et sur les travaux de la "Commission Vérité et Réconciliation".

Résumé de l'éditeur : "De 1980 à 2000, l'armée du Pérou n'a pas hésité à recourir à la terreur pour combattre la guérilla sanguinaire du Sentier lumineux. Sous trois gouvernements successifs élus au suffrage universel, dans le silence de la population péruvienne et de la communauté internationale, plus de 13 000 personnes ont ainsi disparu après avoir subi toutes sortes de violences. Dans un pays où le racisme contre les " Indios " est ancestral, les paysans indiens de l'Altiplano ont été les principales victimes de ce crime de masse. L'auteur de ce livre expose, en s'appuyant sur de très nombreux témoignages, les mécanismes, les responsabilités et les conséquences de cette pratique systématique de " la disparition forcée ". Au lendemain de la condamnation d'Alberto Fujimori pour violation des droits de l'homme, il montre aussi que le sort de la fragile démocratie péruvienne est aujourd'hui intimement lié à la reconnaissance des droits et de la mémoire des familles des victimes."

Ecoutons l'auteur du livre : "Au nom de la lutte contre le terrorisme, tous les gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays ont en effet fermé les yeux sur les pires atrocités. Mais le pouvoir éxécutif n'est pas le seul en cause. La lutte antisubversive s'est aussi appuyée des moyens légaux dans le cadre d'une législation antiterroriste votée par un Congrès élu démocratiquement."

"J'ai été très surpris d'apprendre qu'au Chili, il y avait eu 3 000 morts et disparus, alors qu'ici c'est 70 000 ! reconnait l'historien Nelson Manrique. Mais les morts au Chili ou en Argentine étaient de la même classe sociale que les gens qui font l'opinion publique, la classe moyenne, alors qu'ici, il s'agit d'Indiens (...), les victimes n'ont pas la même valeur."

S'il n'avait pas la même valeur au regard de leur origine on constate par la même que les éxécutions directes touchaient plus les analphabêtes (60%) que ceux ayant suivis des étude universitaires (20%).

"Il y a toujours cette indifférence et cet éloignement de l'opinion publique par rapport au drame vécu par la population andine déplore Ronald Gamarra, le secrétaire éxécutif de la Coordination nationale des droits de l'homme."

" Il existe au Pérou une fracture permanente entre le Pérou officiel et le Pérou réel, ils ne dialoguent pas affirment Miguel Jugo, le direteur éxécutif de l'APRODEHAsociacion Pro Derechos Humanos (cliquez pour voir le site)."

Ce conflit sanglant n'a jamais vraiment fait l'actualité bien qu'il se situe à quelques heures de bus du site du Machu Picchu qui attirent chaque année des centaines de milliers de touristes.

Voir également sur ce site l'article "Ayacucho".



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Histoire de l'Amérique françaiseHistoireAmeriqueFrancaise01

Auteurs : Gilles Havard (directeur de recherche au CNRS) et Cecile Vidal (maitre de conférences à l'EHESS).

Edité en 2003 chez Flammarion et 2008, 2014 dans la collection "Champs Histoire"

Résumé de l'éditeur :
"Au début du XVIIIe siècle, la Nouvelle-France s'étendait sur près des deux tiers du continent nord-américain, de Québec à la Nouvelle-Orléans, des forêts glacées du Canada aux bayous de Louisiane, en passant par les prairies du Midwest. Un Empire dont la clé de voûte fut l'alliance avec les Indiens, qui permit aux Français de s'implanter et de se maintenir au nez et à la barbe des Anglais, plus nombreux, mais confinés sur le littoral atlantique. Colons, Indiens, esclaves africains composaient, surtout en Louisiane, une Amérique française au visage cosmopolite. Cette Amérique, que notre mémoire a occultée, n'a pas entièrement disparu. Les toponymes en témoignent : New Orleans, Baton Rouge, Saint-Louis, Montréal, etc., de nombreuses villes nord-américaines ont eu pour fondateurs des Français. Des millions d'Américains, aux États-Unis comme au Canada, ont des noms d'origine française. Archambault, Bissonnette, Boucher, Colombe, Dion, Pineaux, Roubideaux : imagine-t-on aujourd'hui que ces patronymes sont portés notamment par des Indiens du Dakota ? Parmi les descendants des colons français, certains parlent toujours la langue de Molière. Ce legs, on ne saurait le comprendre sans se glisser, au fil de la lecture, dans une pirogue ou dans un canoë à la recherche d'une histoire ignorée."
Partons donc pour un voyage dans le temps, au pays des grands espaces, des étendues glacées, des forêts immenses, des trappeurs, des caribous, des castors, des civilisations amérindiennes, des grands lacs, de fleuves traversant tout un continent, des bayous de Louisiane, à la découverte de cette période de l'Histoire qui a aussi été l'histoire de milliers d'individus. Nous y vivons la découverte et le peuplement au coté des autochtones de cette immense territoire et les rapports entre la "Nouvelle France" et la métropole. Des pages qui nous aident aussi à mieux comprendre la création, le développement et la chute de cet empire.
Après la défaite militaire (1759-1760), un traité de paix préliminaire fut signé entre la France et l'Angleterre. Voici un passage de l'ouvrage qui nous fait touché du doigt les raisons profondes de la défaite au-delà des péripéties militaires et diplomatique. 
Page 664-665 : "L'article 6 des Préliminaires de Fontainebleau comportait une curieuse mention : les Britanniques annexaient en effet la partie occidentale de la Louisiane "à l'exception de la Nouvelle-Orléans et de lîle dans laquelle elle située". Une île ? Cette aberration topographique ne manqua pas d'accentuer l'amertune des créoles louisianais. Le Procureur Chauvin de La Frénière exprima ainsi son désarroi en présence des officiers de la colonie : "Sa majesté ne sait pas la situation de ce pays qu'il donne à un autre comme on donne un bibelot dont on ne veut plus, (...). En quatre-vingts ans Versailles n'a pas appris la carte de la Louisiane, une carte qui a pourtant été dessinée avec le sang et des tombes. Une île messieurs, que dites vous de cette ignorance ?""
 


 
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La grande transformationgrdetransf01

 De nationalité hongroise Karl Polanyi est né le 25 octobre 1886 à Vienne et mort le 23 avril 1964. Economiste de formation, il était également spécialiste d'histoire et d'anthropologie économique.

 L’ouvrage est écrit en 1944 et publié chez Gallimard pour la traduction française.

 Résumé de l’éditeur :

 "La «Grande Transformation», Polanyi le montre, c'est ce qui est arrivé au monde à travers la grande crise économique et politique des années 1930-1945 : la mort du libéralisme économique. Apparu un siècle plus tôt avec la révolution industrielle, ce libéralisme était une puissante innovation du monde occidental, un cas unique dans l'histoire de l'humanité : jusque-là élément secondaire de la vie économique, le marché s'est rendu indépendant des autres fonctions et posé en élément autorégulateur.L'innovation consistait essentiellement dans un mode de pensée. Pour la première fois, on se représentait une sorte particulière de phénomènes sociaux, les phénomènes économiques, comme séparés et constituant à eux seuls un système distinct auquel tout le reste du social – à commencer par la terre, le travail et l'argent – devait être soumis. On avait désocialisé l'économie ; la grande crise des années trente imposa au monde une resocialisation de l'économie. Cette analyse du marché comme institution non naturelle suscite désormais un véritable regain d'intérêt dans un monde globalisé où le néolibéralisme est à son tour entré dans une crise dont on attend qu'il en résulte une nouvelle «grande transformation»."

Deux idées principales sont à retenir de cette ouvrage :

D’abord l’économie de marché n’est pas une donnée de la nature humaine. C’est une construction historiquement datée, obéissant à ses propres lois, qui s’est exonérée des règles des cultures humaines.

Ensuite, les interventions de l’Etat, contrairement aux économistes libéraux qui n’y voient que des entraves dommageables à un marché libre et parfait, s’auto-régulant de lui-même, apparaissent comme des réactions nécessaires et instinctives face aux nuisances du marché.

Karl Polanyi fait la démonstration que l’économie n’est pas nécessairement marchande et quelle a pu être régie par d’autres principes et des institutions différentes.

Un premier principe est celui de la réciprocité basé sur le modèle institutionnel de la symétrie. Les biens s’échangent par la voie du don et contre-don et participent à la création du lien social. "Ce qui est donné aujourd’hui, sera compensé par ce qui sera rendu demain".

Autre, principe, la redistribution mis en place dans l’institution de la centralité. Toute la production est remise à une autorité centrale qui a la responsabilité de la répartir (chef, aristocratie dirigeante, appareil d’Etat etc…) tant au niveau individuel que collectif (à notre époque rentrerait dans cette catégorie notre système de protection sociale tel que sortie des cartons du Conseil National de la Résistance en 1945). Ce modèle implique une division du travail mais sans idée de profit personnel.

Polanyi distingue également le principe de l'administration domestique dans un modèle d'autarcie. Ce modèle ne peut exister qu’à partir de la mise place d’une l’agriculture développée. Ici encore le mobile du gain est absent de cette forme d’organisation économique.

Jusqu’à la fin du Moyen Âge en Europe, tous les systèmes économiques étaient organisés selon un de ces principes ou une combinaison des trois. La production et la distribution étaient assurées par des mobiles autres que celui du gain. L'échange marchand, était bien connu et pouvait coexister avec ces principes mais était toujours subordonné à ceux-ci.

C’est le principe du troc (paiement en nature et échange) qui prend forme dans le modèle du marché. Les biens s’échangent selon leur valeur matérielle ou leur prix déterminés par l'offre et la demande. Dans ce cas c’est bien le profit personnel qui est le mobile de la production et de la distribution.

Le principe du troc peut coexister dans une société où d’autres principes prédominent, par contre ce n’est pas le cas si le modèle du marché devient prédominant sur les autres. Si le marché domine le système économique, il court-circuite les autres modèles et gère la société comme un auxiliaire du marché. 

Toute la démonstration de Polanyi tend à montrer que le système de marché généralisé n’est pas une norme naturelle des échanges, mais plutôt une exception historique.

Dans toutes les sociétés humaines à l'exception de la société marchande, les phénomènes économiques sont insérés dans les autres institutions sociales. L'économie est pensée et gérée en tant qu'auxiliaire de la société, Karl Polanyi dit qu’elle est "encastrée" dans les relations sociales ; alors que dans la société de marché c'est le contraire : la société est considérée à l'aune du marché, l'économie est "désencastrée" des relations sociales.

Quand ce modèle, d’un système de marchés auto-régulées, se généralise, il transforme tout en marchandises et «ce n’est plus l’économie qui est encastrée dans la société, mais la société qui se retrouve encastrée dans sa propre économie". Polanyi parle alors de « société de marché ».

Pour Polanyi, le modèle économique du marché a été à son apogée entre 1830 et 1930. Les ravages sociaux dont il a été responsable ont enclenché de tels contre-mouvements que ce modèle s’est effondré et a entraîné avec lui la stabilité internationale. Il en a résulté deux guerres mondiales au xxe siècle. Le fascisme et le communisme auraient été des mouvements de ré-encastrement de l’économique dans le social et le politique.

La social-démocratie a été une tentative de réponse et aussi un moment de résistance à ce marché tout puisant qui anéantit l’homme.

« Notre thèse est que l’idée du marché s’ajustant lui-même était purement utopique. Une telle institution ne pouvait exister de façon suivie sans anéantir la substance humaine et naturelle de la société, sans détruire l’homme et sans transformer son milieu en un désert. »

De tout temps l’économique n’était qu’un élément du politique. Avec l’émergence de la philosophie libéral, l’économique va non seulement se libérer du politique et va tout soumettre à sa loi.

Pourtant après une période d’après guerre qui avait sienne les théories Keynésiennes et mis en place des politiques de régulations de l’économie, on ne peut que constater la résurgence de l’économie de marché et des théories ultra-libérales dans un ensemble social-démocrate avec toute une série de mesure tendant à la dérégulation de l’économie.

Comment résister à cette reconquête? L’oeuvre de Polanyi, en nous donnant une vision historique sur un temps long, nous éclaire en nous aiguillant vers des pistes de réflexion et surtout nous ouvre des perspectives pour l’avenir.



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La pensée égaréepenseeegaree01

Auteure : Alexandra Laigniel-Lavastine - essai paru en 2015 chez Grasset

Résumé de l'éditeur :

"Pour comprendre le trouble ("l'égarement") de notre début de siècle, il serait vain d'en revenir au vieux clivage droite/gauche - car tout indique que ces deux catégories sont désormais obsolètes. Par-delà ce fait, il y a plus grave : l'occident avait cru que les valeurs nées du siècle des Lumières étaient à jamais un acquis de notre civilisation - alors que, devant la résurgence des obscurantismes, nous nous avisons qu'il n'en est rien. 
Résultat : nos "Lumières" se retrouvent face à des idéologies régressives dont l'islamisme radical est le plus terrible exemple. Que s'est-il passé ? Pourquoi l'occident s'est-il endormi tandis que l'histoire enfantait un monstre ? Et qui, en occident, s'est fait le complice de cet enfantement ? C'est ce que cet essai entend explorer. Sur le fond, Alexandra Laignel-Lavastine pense que certaines élites de notre civilisation humaniste et universaliste ont eu du mal à admettre que le Mal - la barbarie, la haine, le refus de l'autre - puisse parfois provenir de ce qu'elles croyaient être le "camp du Bien", celui des damnés de la terre, des exclus, des victimes. 
A cet égard, le conflit du Proche-Orient est une matrice féconde de malentendus puisque la "victime" (disons, pour être clair, les plus radicaux des Palestiniens) se trouve être celle-là même qui, par glissements discrets, revendique le "choc de civilisations" dont nous constatons chaque jour les conséquences dramatiques. Ce livre, écrit avant le traumatisme des événements récents, en fait singulièrement la généalogie : comment en est-on arrivé là ? Par quel chemin de capitulation ? Alexandra Laignel-Lavastine - qui ne dissimule jamais son engagement intransigeant contre toute forme de racisme et d'antisémitisme - traverse l'histoire récente, ainsi que notre actualité tragique, tout en se référant aux grands systèmes philosophiques qui ont "fait" notre culture." 




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Pourquoi serions nous encore prêts à mourir?pretmourir01

Auteure : Alexandra Laigniel-Lavastine - essai paru en 2017 aux Editions du Cerf

Résumé de l'éditeur :

"Une guerre se gagne d'abord dans les esprits. Mais au nom de quel héritage et pour quels idéaux les Européens seraient-ils encore prêts à se battre ? Cette question est la seule qui vaille. Surtout face à un adversaire qui possède, lui, de la transcendance hideuse et mortifère à revendre. Dès 2002, avec une cruelle ironie, Philippe Muray invitait les djihadistes à « craindre le courroux de l'homme en bermuda ». 
Il annonçait la suite en ces termes : nous serons les plus forts car nous sommes les plus morts. Souhaitons-nous lui donner raison ? Ou au contraire nous arracher au somnambulisme, au déni et à la lâcheté dans lesquels nous nous complaisons depuis « Charlie » ? Après le succès de La Pensée égarée. Islamisme, populisme, antisémitisme : essai sur les penchants suicidaires de l'Europe, salué comme un livre « prophétique » à « l'écriture étincelante », la philosophe Alexandra Laignel-Lavastine signe ici un manifeste choc et courageux."



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choixchomageLe choix du chomage

Auteur : Benoît Collombat et Damien Cuvillier, publié en 2021 aux éditions Futuropolis

Cet ouvrage Benoit Collombat et illustré par Damien Cuvillier aurait aussi bien pu s'intituler : "Les origines de la violence économique".

Fin 1973 le président Pompidou déclare en Conseil des Ministres : "C'est terrible pour la France, nous allons dépaser le cap des 400 000 chômeurs". Ce devait être terrible, en effet. A l'époque, on n'avait pas encore compris qu'il suffisait de traverser la rue.

En réponses aux luttes sociales des années 70, va s'élaborer un programme politique que l'on nommera le "néo-libéralisme", tiré de la pensée de Frédéric Hayek et de l'école de Chicago que dirige Milton Friedmann.

Note de l'éditeur : "Un livre sur le choix des dirigeants européens de sacrifier l’emploi. Une enquête riche des témoignages d’anciens ministres, de conseillers de présidents de la République, d’anciens directeurs du Trésor ou du FMI, de banquiers, d’économistes, de juristes, de sociologues et de philosophes… Comment et pourquoi les hommes politiques ont « remis les clés » de l’organisation du monde à l’économie et à la finance. Ce basculement repose sur la victoire idéologique d’une pensée : le néolibéralisme, pour qui le rôle de l’État est avant tout de servir le marché."

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Le bio, au risque de se perdrelebio01

 Auteur : Frédéric Denhez, publié en 2018 chez Buchet-Chastel

Résumé de l'éditeur :

"Le bio, c'est bien, c'est moderne, c'est l'élixir qui change tout en vert, garant du goût et d'une bonne santé. Mais est-il équitable, durable, responsable ? Est-il solidaire, collaboratif ? Profite-t-il aux agriculteurs qui le produisent ? Respecte-t-il le sol, la biodiversité ? Pas forcément, et c'est là que le bât blesse ! Aujourd'hui, le bio s'est imposé et ne cesse de se développer, malgré des prix plus élevés qu'en conventionnel. 
Cela dit, quand il s'industrialise, quand il vient d'ailleurs pour satisfaire la demande croissante, reste-t-il fidèle à lui-même ? Pas sûr. Le bio, ce n'est pas la carotte bio vendue sous film alimentaire par peur des contaminations ; ni l'aubergine bio d'Espagne qui pousse sous serre en hiver, cueillie par des Marocains surexploités ; ni la pomme de terre bio d'Ukraine cultivée dans des champs qui s'étendent à perte de vue... 
Car, au-delà du simple label, le bio doit aussi porter des valeurs et une éthique. Une dignité. Un humanisme. Au final, le bio est ce que nous en ferons. Un simple label rassurant ou un idéal fédérateur. Attention, danger..."

L'auteur nous propose dans un premier temps une courte histoire de l'agriculture, c'est à dire tout compte fait une histoire de l'humanité puisque dans un passé récent à l'échelle du temps les sociétés étaient essentiellement agricoles.

Puis il nous parle des origines du "bio" comme de "l'histoire récente d'un philosophie très ancienne" ainsi que s'intitule le premier chapitre. Il évoque égalemment ce qu'il nomme "les origines troubles du mouvement bio". Au début du XXe siècle la culture bio est une résistance du monde paysan traditionnel face à l'agriculture mécanisée qui se dessinait. Il écrit : "La Bio philosophie telle qu'on la connait aujourd'hui est née d'un mouvement disparate crée au cours du XIXe [...] Le monde paysan se sentait menacé par le développement de la société urbaine, industrielle et ouvriériste."

"[...] le paysan [...] se sentait humilé par la société. Pour le bourgeois, l'ouvrier, le commerçant des villes et l'intellectuel, l'agriculteur était un être stupide âpre au gain et analphabète[...]"

"Le monde paysan s'est dressé contre le monde méphitique des villes et des premiers sacs d'engrais qui menaçaient d'abolir le règne du tas de [...] mais aussi contre la république et son progrès qui [...] boulversait les paysages et les âmes. Ce monde là a cherché à défendre les traditions, le mode de vie habituel, les rythmes naturels et la morale chrétienne. La résistance paysanne [...] a lentement grossi en un courant conservateur, réactionnaire, antirépublicain et antiscientifique [...]

Bref ce mécontentement a été récupéré dans l'entre-deux-guerres par l'extrème droite pour tomber comme nous dit l'auteur "dans le képi du Maréchal Pétain".  Voilà qui va faire grincer des dents !

Puis il nous parle de la culture labélissé bio aujourd'hui et pas forcement meilleur à son sens que les produits d'un agriculture raisonné. 

Un auteur qui défend l'esprit du bio mais qui ne s'autoproclame pas comme beaucoup faisant partie du camp du bien. 



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violencesacre01La violence et le sacré

Auteur : René Girard publié en1972 aux éditions grasset & fasquelle - diponible dans collection "Pluriel" .

<----  cliquez sur l'image ci-contre pour accèder à une émission de France Culture de novembre 2011consacrée aux recherches de René Girard et au présent ouvrage.

Résumé  de l’éditeur :

"René Girard […], se propose dans son nouvel ouvrage, La Violence et le Sacré, de remonter jusqu'aux origines de tout l'édifice culturel et social qui est au centre de notre civilisation. L'enquête s'appuie à la fois sur une relecture très personnelle des tragédies grecs et sur une discussion serrée des principaux systèmes, sociologiques, ethnologiques, psychanalytiques, qui ont tenté de donner une explication globale des premiers rites et des premières institutions culturelles et sociales. 

Freud en particulier est pris vivement à partie, ou plutôt ses successeurs, peu clairvoyants au sujet de certaines intuitions de "Totem et tabou". René Girard, après avoir critiqué les insuffisances de la théorie du complexe d'oedipe, met l'accent sur le rôle de la " violence fondatrice " et sur celui de la " victime émissaire ", négligés jusqu'à présent par tous les chercheurs, et pourtant fondamentaux. […] Une vaste culture ethnologique, des références de premier ordre et toujours incontestables permettent à l'auteur de construire une théorie nouvelle du sacré, et de donner une interprétation convaincante de nombreux thèmes mythiques et rituels (la fête, les jumeaux, les frères ennemis, l'inceste, l'ambivalence du modèle, le double, le masque, etc.) dont la signification profonde n'apparaît ici avec tant d'évidence que parce qu'ils sont étudiés, pour la première fois, dans leur unité circulaire."

Commentaires :

La violence serait-elle à l'origine et la condition indispensable de la création et du maintien de toute societé ? 

La Violence et le Sacré, est le résultat des recherches de René Girard nous faisant part de sa théorie du désir mimétique.

L'ouvrage avance une série d'hypothèses au sujet de la génération et de la stabilisation d'un ordre culturel dans les sociétés primitives et la communauté en général. Aussi, la violence doit être tenue à distance mais jamais éradiquée.

Ce désir mimétique, qui ferait parti des conduites humaines, engendrerait souvent des rivalités et des conflits au sein des groupes humains. En conséquence l’ordre social et sa stabilité trouveraient sa solution dans des actes répétés de violence collective envers une victime solitaire ou un groupe de victimes, le bouc émissaire que Girard nomme la « victime émissaire ». Une partie de l’ouvrage explique comment et pourquoi est choisie cette victime sacrificielle.

Pour Girard la religion régule la violence sociale et créede la cohésion sociale. Le violence, qui menace la communauté, est chassée de manière rituelle par cette violence organisée, retournée vers l'extérieur plutôt que vers les membres de la communauté. Girard fait un parallèle entre le sacrifice et la religion. La fonction de celle-ci serait  de maintenir  la violence hors de la communauté, grâce à la « victime émissaire »  ou les rituels que l’on invente pour la remplacer.




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Le génocide voilégenicidevoile01

Auteur : Tidiane N'Diaye

Publié en en 2008 aux éditions Gallimard - disponible en Folio.

Résumé de l'éditeur : 

"Cette étude éclaire un drame passé à peu près inaperçu : la traite des Noirs d'Afrique par le monde arabo-musulman. Cette traite a concerné dix-sept millions de victimes tuées, castrées ou asservies, pendant plus de treize siècles sans interruption. Les razziés étaient contraints de traverser le désert à pied pour rejoindre le Maghreb, l'Egypte ou la péninsule Arabique via Zanzibar, par bateaux... 
Pourtant, cette traite négrière a été minimisée, contrairement à la traite occidentale vers l'Amérique. Pourquoi ? Parce que seule la conversion à l'islam permettait d'échapper à l'esclavage, mais n'a pas épargné les Noirs. Toutefois, de nos jours la majeure partie de l'Afrique est devenue musulmane, d'où une forme de fraternité religieuse entre le côté "blanc" et le côté "noir" du continent, et une volonté commune de "voiler" ce génocide."

 En guise de commentaires, voici quelques brefs passages de l'ouvrage :

Dès son introduction l’auteur pose le sujet : « Sous l’avancée arabe, la survie était un véritable défi pour les populations. Des millions d’Africains furent razziés, massacrés ou capturés, castrés et déportés vers le monde arabo-musulman. »

« Ils allaient souvent de contrée en contrée, le Coran d’une main, le couteau à eunuque dans l’autre, […] »

Ensuite, il observe que : « La guerre sainte tombait à pic pour s’enrichir. Puisque obligation est faite à tout croyant de mener le jihâd […] Ils prenaient abusivement le Coran comme prétexte pour razzier les voisins infidèles en les dépouillant de tout ce qu’ils possédaient. »  et aussi que « Les Arabes ne vivaient donc qu’avec le bien d’autrui, ne travaillaient que par les bras du vaincu […] »

Il rétablit avec force et une implacable démonstration le fait suivant : « Mais bien qu’il n’existe pas de degrés dans l’horreur ni de monopole de la cruauté, on peut soutenir sans risque de se tromper que le commerce négrier et les expéditions guerrières provoquées par les Arabo-Musulmans furent, pour l’Afrique noire, bien plus dévastateurs que la traite transatlantique. »

« Mais pourquoi, peut-on se demander, nombre d’auteurs veulent-ils l’ignorer, en restreignant le champ de leurs recherches sur les traites négrières à celles pratiquées par les nations occidentales ? »

« L’esclavage étant validée et institutionnalisé par l’Islam, il eût été impie chez les Arabes de le remettre en cause. » […] ce qui fait qu’il « n’a fait l’objet d’aucune contestation par les intellectuels arabes ».

L’auteur note également : « […] que c’est la colonisation européenne qui mis entièrement fin à la traite arabe-musulmane. »

Il évoque aussi quelques chiffres qui donnent la dimension du drame : « […] nous pouvons estimer à 7 4000 000 le nombre d’Africains déportés au cours de la traite transsaharienne entre le VIIe et le début du XXe siècle. A quoi il faut ajouter 1 565 000 captifs décédés au cours du voyage et 372 000 autres demeurés en bordure du désert ou dans les oasis. Dans les régions proches de la mer Rouge et de l’océan Indien, 8 000 000 d’Africains environ auraient été transférés.

On aboutit ainsi à un total de plus de 17 000 000 d’Africains. »

Et de conclure : « Il est donc difficile de ne pas qualifier cette traite de génocide de peuples noirs par massacre, razzias sanglantes puis castration massive. »



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Le temps des tribustempstribus01

Auteur : Michel Maffesoli, publié en 1988, aux éditions de La Table Ronde - disponible au format de poche.

Résumé de l'éditeur :

"Irrésistiblement les sociétés modernes se transforment. Émiettement du corps social, épuisement des institutions, effondrement des idéologies, transmutation des valeurs : derrière la société de masse, qui a longtemps défini l'une des formes de la modernité, se profilent désormais les nouvelles figures d'une socialité exubérante et polymorphe dont Michel Maffesoli livre ici les premiers contours. Le Temps des tribus est ainsi le diagnostic raisonné des sociétés d'aujourd'hui, une exploration méthodique de leurs métamorphoses. 

Quand le sentiment et l'émotion se substituent aux idéaux de la Raison, et qu'à la logique de l'identité succède la logique de l'affect. Nous sommes entrés dans l'ère des "tribus", des réseaux, des petits groupes, et vivons à l'heure des rassemblements éphémères et effervescents... Un livre qui trace les voies d'une authentique sociologie du présent."

En guise de commentaires quelques passages de l'ouvrage :

Tout compte fait Michel Maffesoli nous dit que l’homme serait en train de faire éclater la carapace des idéologies, des religions, du rationalisme dans laquelle on l’avait enfermer pour redécouvrir sa nature profonde.

 «Ce qui est primordial, en effet, est le « sentir ». Non plus le « Je pense » quelque peu paranoïaque, ce fut le fondement du rationalisme morbide. Mais le « Je suis affecté » Etre affecté par l’autre, par la nature, par le sensible. C’est cela le sentir.»

 «Il y a, […] un fond archétype de joies, de plaisirs, de douleurs aussi, s’enracinant dans la nature. « L’âme de la brousse » (C;G. Jung), que le judéo-christianisme, puis le bourgeoisisme n ont pas totalement effacée, résonne à nouveau.»

 « En fat l’entraide, telle qu’on l’entend ici, s’inscrit dans une perspective organique, où tous les éléments par leur synergie confortent l’ensemble de la vie. Ainsi l’entraide serait la réponse animale, « non consciente » du vouloir-vivre social ; sorte de vitalisme qui « sait », de savoir incorporé, que l’unicité est la meilleure réponse à l’emprise de la mort […] »

 «Parlant de la capcité de résistance des masses, il écrit : « Cette capacité n’est pas forcément consciente, elle est incorporée ; minérale en quelque sorte, elle survit aux péripéties politiques. Je me risquerais à dire qu’il y a chez le peuple un « savoir de source sûre », une « direction assurée » […] Visions quelque peu mystique, mais qui seule peut permettre d’expliquer qu’au travers des carnages et des guerres, des migrations et des disparitions, des splendeurs et des décadences l’animal humain continue de prospérer.»

  « […] le rapprochement  qui peut être fait entre. Le peuple et le souverain est parfaitement fondé. Et d’ailleurs par le soulèvement , par la voie démocratique, parle silence et l’abstention, par la méconnaissance méprisante, par l’humour et par l’ironie, multiples sont les manières qu’a le peuple d’exprimer sa puissance souveraine. Et tout l’art du politique est de faire en sorte que ces expressions ne prennent pas trop d’ampleur.»

 « […] je dirai que sans s’embarrasser de scrupules excessifs ou d’états d’âme accessoires, le peuple en tant que masse a pour responsabilité essentielle de triompher de la mort tous les jours. »

Et de citer Emile Durkeim : «Si l’existence perdure c’est qu’en général les hommes la préfèrent à la mort.» 

« […] tous les rite de la mort préparent le «passage vers la vie ». C’est cela l’enjeu essentiel de la socialité, permettre de penser ce qui est porteur d’avenir au sein même de ce qui s’achève. »

 « Peut-être faudrait-il dire qu’il est des périodes où la masse saturée des explications et des procédures rationnelles, finalisées, productivistes, économistes se retourne vers le  substrat naturel, je dirais « écologique » de toute vie sociale, et c’est alors qu’elle retrouve le va-et-vient qui s’établit entre la variété de la nature et la multiplicité du divin. Ce qui ne va pas sans quelques cruautés, car qui dit polythéisme , dit antagonismes. Qui renvoie à la nature, renvoie aussi à ses dures lois, dont la violence et la mort. »

 Et puis tout un programme ; « Savoir résister par le silence, la ruse, la passivité, l’humour ou la dérision, le rire aux idéologies, aux religions, aux courants de pensée, aux idéaux qui prétendent soit dominer, soit faire le bonheur du peuple ce qui en la matière ne pas une grande différence. 



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Manuel de l'anti-tourismeanti tourisme01

Rodolphe Christin - Ed. Ecosociété 2017

Résumé de l'éditeur :

"Le tourisme est la première industrie mondiale, même s'il est pratiqué par seulement 3, 5 % de la population. Un luxe réservé aux occidentaux qui, depuis l'avènement des congés payés, ont intégré « un devoir d'ailleurs et de loisirs ». Mais qui n'a pas senti ce malaise, dans une boutique de souvenirs ou sur une plage des Caraïbes couvertes de baigneurs blancs? Qui n'a jamais ramené de vacances le sentiment de l'absurde? Car même les mieux intentionnés des voyageurs contribuent malgré eux à la mondophagie touristique. 
Et rien ne semble pouvoir arrêter cette conquête démesurée des quatre coins du monde: ni la pollution qu'elle impose, ni la disparition des spécificités culturelles qu'elle vient niveler et encore moins la conscience de l'Autre qu'elle réduit à une relation marchande. Pouvons-nous nous évader du tourisme? Rodolphe Christin nous invite à retrouver l'essence du voyage: préférer le chemin à la destination, et « disparaître » plutôt qu'apparaître partout."

Si l'industrie touristique esti florissante, ce n'est pas focément une bonne nouvelle. Le tourisme au travers de sa logique organisationnelle et économique impose le devoir de vacances comme une thérapeutie : le dépaysement pour mieux supporter une existence sans saveur. Voilà un essai qui montre les conséquences du consumériste et du tourisme grégaire, et nous appelle à faire de notre temps libre un moment d'aventure et de création."

Mais que nous dit l'auteur :

Pour la France, en tout cas, 1936 c'est les congés payés et l'espoir d'une formidable libération. Mais voilà...

"Il a fallu conquérir le temps libre à ces excursions temporaires hors des murs du travail obligatoire. [...] Les nouveaux vacanciers accédèrent pour le loisir à la diversité des peuples et aux beautés du monde. La technologie s'en mêla et de nouveaux moyens permirent d'avaler les distances. Les déplacements devinrent massifs. On parla, au fil du temps, de démocratisation des voyages, sans se rendre compte que [...] la démocratie deviendrait pour beaucoup soluble dans la consommation."

"L'un des paradoxes du tourisme d'aujourd'hui est de tuer ce dont il vit, [...] Celui-ci préfère le divertissement à la diversité ; le remier est en effet plus comfortable  car il ne remet rien en cause".

"pour nous autres occidentaux, il peut sembler saugrenu de remettre en cause ce lieu commun qu'est le tourisme. Il est si étroitement lié à notre mode de vie qu'il semble inconvenent  de le critiquer. Cela reviendrait à critiquer tout un chacun, c'est à dire à délibérément se faire des ennemis. [...] et "nous sommes tous des touristes potentiels".

Voyage et tourisme : un signe des temps

"Si le voyage est philosophie, le tourisme est économie, autant que possible profitable. le premier explore, le deuxième exploite. Et lorsque le deuxième prend l'avantage sur le premier [...], le voyage risque de disparaitre en tant que possibilité objective."

"La prolifération des publications de carnets de route et autres récits de voyages est un signe tangible - et lucratif - de cette volonté de raconter. Ce désir de dire [...] est donc devenu un "business" comme un autre. La logique des affaires ne laissent rien au hasard.[...] Les Nicolas Bouvier et les Joël Vernet sont des écrivains rares, la plume aussi alerte que les semelles, avec l'humilité et la poésie comme bagages essentiels [...] Pour les écouter, il faut tendre l'oreille, loin de ces auteurs et voyageurs de grand tapage comme l'époque en produit tant."

Le voyage c'est l'imprévu, la durée et la spontanéité, c'est le contraire de la gestion.

"Qu'on le veuille ou non, la pratique des routes toutes tracées est une improbale évasion. [...] Or l'aléa et l'imprévu sont néanmoins difficilement compatibles avec la planification des vacances, peu tolérantes avec ce qui pourrait remettre en question le bon déroulement du programme."

"Il s'inscrit (le tourisme) parfaitement dans la logique laborieuse qui le justifie, l'organise et le pénètre. Jean Beaudrillard l'analysait déjà dans La société de consommation : "Le loisir est contraint dans la mesure où derrière sa gratuité apparente, il reproduit fidèlement toutes les contraintes mentales et pratiques qui sont celles du temps productif et de la quotidienneté asservie".

Le devoir de loisir est le corrélat du devoir de travail. La surprise et l'imprévu {...}, n'y parviennent que par coups de chance. [...]"

Le tourisme est partie prenante de l'ordre social.

"Si l'art du voyage peut être celui d'une intensification de la vie et la découverte de son potentiel, l'époque n'est guère propice à pareil exercice, réduite au culte du divertissement plutôt qu'à la culture de la diversité."

"Soyons réalistes. Le risque avéré du désir de voyage est aujourd'hui de voir ses fondations laminées par l'état du monde. Tentatives d'évasion et envie d'exploration entrent de plus en plus dans une contradiction frontale avec le réel tel qu'il est devenu."

et Rodolphe Christin de conclure :

 "La mondialisation économique accompagne depuis le dix-huitième siècle l'expansion du marché et du mode de production industriel, débordant du cadre local vers l'internationnal, sortant progressivement des cadres traditionnels et imposant les siens sur l'ensemble du globe. Karl Polanyi a magistralement montré cette autonomisation progressive de l'économie en tant que sphère à part de l'existence sociale des sociétés occidentales. Extraites de la vie sociale qui jusque-là l'encadrait par ses usages, cette dimension particulière qu'est l'économie est même parvenue à complètement renverser les rapports qu'elle entretenait avec la société. Auparavant, la société englobait et contenait l'économie, or voilà désormais l'économie englobant et contenant la société qu'elle soumet presque intégralement à ses impératifs. [...] Le tourisme n'échappe pas à cette expansion du grand Marché planétaire [...] dans ce monde soumis au principe d'utilité et aux règles du productivisme, quelles explorations restent possibles? Bien sûr, toutes les découvertes restent possibles pour l'individu qui voyage, c'est une question de regard et d'attention. [...] le désir d'exploration (des autres, des territoires, de soi) avec la part de risque et de remise en cause qu'il suppose, est-il encore une motivation touristique?"

L'auteur tient aussi un blog qui traite de ce sujet. 

cliquez sur l'icone pour y accèder :             rodolphe christin


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Le Divan d'Istanbuldivanistanbul01

Auteur : Alessandro Barbero

Essai historique

Publié en 2011 chez Sellerio editore et en 2013 pour la traduction française aux éditions Payot (Petite Biblothèque/Histoire) 

Cet ouvrage n'est pas directement consacré à la Grèce mais à l'empire ottoman. La Grèce devenue officielement indépendante en 1829, a fait parti durant plusieurs siècles de cet empire. Il nous a semblé intéressant voire indispensable pour comprendre l'histoire de ce pays et son actualité de proposer un livre nous relatant les divers aspects du monde ottoman.

Résumé de l'éditeur : 

"D'Alger à La Mecque, de Bagdad à Belgrade, l'Empire ottoman s'étendait au plus fort de son apogée sur un territoire immense. Ses glorieux sultans s'appelaient Bayezid, qui anéantit les chrétiens à Nicopolis en 1396, Mehmed le Conquérant, qui s'empara de Constantinople en 1453, ou Soliman le Magnifique, qui assiégea Vienne en 1529. Son régime tyrannique était dirigé par un conseil, le "divan", tenu assis ou à cheval, présidé par le sultan. Fondé par un peuple nomade originaire des steppes asiatiques, cet empire recueillit l'hérédité de l'Empire romain d'Orient. Officiellement musulman, il régna sur des millions de sujets chrétiens et accueillit à bras ouverts les Juifs chassés par l'intolérante Europe de la Renaissance. Redouté pour sa puissance militaire, il garantit la paix à des régions comme les Balkans, le Proche-Orient et l'Afrique du Nord. Face à ces Barbares qui le menaçaient jusqu'à ses frontières et contre lesquels il lança d'incessantes croisades, l'Occident resta partagé jusqu'au XVIIIe siècle entre peur et fascination. Puis, au XIXe siècle, il prit enfin sa revanche en sabotant les tentatives de réforme de l'État turc et en lui barrant la route de l'Union européenne.
À l'heure où la Turquie semble désireuse de renouer avec la sphère d'influence de l'ancien Empire ottoman, Alessandro Barbero éclaire d'une autre vérité historique un prétendu "choc des civilisations". Cette histoire des Ottomans, des Seldjoukides au XIe siècle à Mustafa Kemal au XXe siècle, insiste sur les paradoxes d'un empire qui remettent en cause nos certitudes d'Occidentaux."


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1000 ans de jeux olympiques1000ansJO01

(776 av. J.-C. / 261 ap. J.-C.)

Essai de Moses-I Finley & H-W Pleket publiés aux éditions Perrin

 Résumé de l'éditeur : "Les jeux Olympiques constituent la manifestation la plus médiatisée du monde ; pendant quinze jours, des centaines de millions d'individus ont les yeux rivés sur les compétitions. D'où vient cette fascination ? Qu'avons-nous retenu de l'histoire et de l'expérience millénaire des Grecs ? Et d'abord, comment se déroulaient les jeux voilà vingt à vingt-cinq siècles ? Moses I. Finley, l'un des plus fameux historiens de la Grèce antique, met sa culture encyclopédique et son talent de conteur pédagogue au service du sujet. Avec H.W. Pleket, il détaille les lieux, les rituels religieux et politiques qui entourent les jeux. Il nous montre que les débats agitant aujourd'hui le monde olympique sont tous connus des Grecs : le professionnalisme des athlètes, le dopage, l'influence des politiques et de l'argent, la fortune et l'utilisation des vainqueurs, le chauvinisme et la récupération nationaliste."

Un ouvrage évidemment à lire si on s'intéresse au sport car encore une fois ce passé nous renseigne sur notre présent.

Cet essai nous démontre si besoin en était qu'une pratique sociale, ici le sport, ne peut échapper totalement à la société dans laquelle elle s'exerce.


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amazonie01L'Amazonie, Histoire, géographie, environnemment

Essai de François-Michel Le Tourneau

Publié aus éditions CNRS en 2019

L’Amazonie a fait parler d’elle en 2019 par les incendies qui ont ravagés la forêt surtout au Brésil et les inquiétudes concernant la politique du président Bolsonaro.

L’auteur de cet ouvrage Franç

Un livre qui nous éclaire sur la réalité de cette région que nous ne connaissons souvent qu'à travers le prisme déformant des mythes dont on l'a entourée.



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choccivilisationsLe choc des civilisations

Auteur : Samuel P Huntington

Publié aux éditions Odile Jacob en 2000

Cet ouvrage paru en 2000 n'a pas pris une ride au regard de notre actualité. L'auteur nous fait la démonstration que pour décoder le monde aujourd'hui, il faut cesser de penser en termes d'opposition idéologique comme s'était le cas après la dernière guerre mondiale et durant la "guerre froide". Dorénavant, émergent des antagonismes entre civilisations regroupées par des liens culturels et religieux. 

La mondialisation n'est pas l'uniformisation mais renforce les civilisations. Les individus recherchent leurs différences. Ils sont en quête d'identité et de leurs racines. Les frontières politiques s'effacent devant les appartenances ethniques, culturelles et religieuses qui sont profondémment ancrées dans le coeur et l'esprit de chacun. Cette opposition des civilisations nous pousse inéluctablement vers un type nouveau de conflits. 

Quel sera l'avenir de la civilisation occidentale face à la civilisation chinoise et l'islam. Est-ce la chronique d'un déclin annoncé ? Beaucoup d'éléments le laissent penser. Mais comme toujours le pire n'est jamais sur.

 

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SentierLumineux

Le sentier lumineux (chronique des violences politiques au Pérou - 1980-1990)

Auteur : Luis Rosel - Alfredo Villar - Jesus Cossio : 2012

Editeur : L'Agrume (2015)

Résumé :

"Pendant une décennie (1980-1990), le Pérou a été ravagé par une guerre intestine opposant Le Sentier lumineux — groupuscule terroriste qui voulait imposer son idéologie communiste par la violence — à la junte militaire aux ordres du gouvernement qui commit toutes sortes d’exactions sous prétexte de lutter contre le terrorisme. Les premières victimes de ce conflit ont été les paysans qui vivaient dans les Andes, pris en étau entre terroristes et militaires, et dont le sort a été ignoré par les médias et les politiques, du fait de leurs modestes conditions et de leur isolement géographique.

Page101SLcCette bande dessinée, entre reportage et documentaire, nous livre un témoignage indispensable et bouleversant sur cette période de violences qui a marqué le pays."

Le Sentier Lumineux crée en 1970 par Abimael Guzman qui était à l'époque professeur de philosophie à l'université San Cristobal de Huamanga (Ayacucho). Guzman se fait surnommé President Gonzalo par ses partisans. Cette organisation de tendance maoïste résulte d'une scission du Parti communiste péruvien et se considère comme son véritable  représentant. En 1980 Guzman décide alors d'abandonner l'université pour consolider le parti et se consacrer à la lutte armée.

page113cLe Sentier lumineux s'impose par la violence et la terreur auprès des populations campagnardes. A ces tueries répond, dans une spirale de représailles, une autre violence, celles des autorités politiques et militaires. Toutes les communautés villageoises de la région d'Ayacucho sont considérées comme alliées du Sentier lumineux et qu'importe si elles ne font que subir sa domination et sa loi sauvage.

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